Mon accouchement au Japon

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Birth in Japan - Accouchement au Japon





Il était enfin temps que je publie cet article, plus de 2 mois après, à propos de mon accouchement ce 14 Octobre 2020 au Jikei Univ. Katsushika Medical Care Hospital.
Je ne vais pas macher mes mots ou minimiser les faits donc si c'est un sujet sensible ou qui vous met mal à l'aise je ne vous conseille pas de lire cet article, j'enchainerais très bientôt avec le compte-rendu des trois mois de mon bébé, un sujet donc beaucoup plus joyeux et léger.

Avec du recul, ce fut globalement une bonne expérience puisque que je ne me suis pas retrrouvée seule comme c'était prévu, même si il a eu un gros acharnement médical sur moi durant le séjour et que je l’ai vraiment mal vécu sur le moment.
J’ai tout de même eu la chance incroyable en cette période d’avoir mon compagnon près de moi du début à la fin, il a pu m’aider pendant le travail et assister à la naissance (nous avons été testé pour la grippe et le covid et cela faisait presque un mois que nous reportions quotidiennement notre température).
Je ne sais pas ce qui les a décidé à le laisser rester, peut-être pour aider à la traduction étant donné que mon japonais est très basique. Mais venons-en au faits. Pour moi les premières contractions m’ont réveillées gentiment vers 2h du matin, m’empêchant de me rendormir pour le reste de la nuit. Ce n’était pas vraiment nouveau ou alarmant car j’avais déjà pas mal de contractions quotidiennes depuis le 7e mois. Néanmoins depuis quelques jours je sentais que c’était pour bientôt et la série qui a débuté cette nuit là devenait vraiment régulière au fil des heures.

L’hôpital n’étant pas à côté nous avions prévu de nous y rendre en Taxi le jour J (il y a des taxis spéciaux pour les femmes enceintes que l’on peut booker en avance et c’est ce que nous avions fait) mais le coût était tout de même assez élevé (un bon 70€ pour le trajet) et j’avais donc vraiment peur de me tromper et de nous faire payer un aller pour rien.
J’avais depuis quelques jours installé une application sur mon téléphone pour reporter les contractions, leur durées et leur espacements et cela m’a vraiment été utile ainsi que pour le personnel médical qui a donc pu avoir mon « historique » de la journée.
C’est finalement vers 9h30/10h que je me suis décidée à prévenir mon mec, après que cette app m’ait demandé X fois de me rendre à la maternité.
J’ai tout de même pris le temps de prendre une douche (meilleure idée du monde) et de finir tranquillement mon sac et celui du bébé pour l’hôpital.

C’est vers 11h30 que nous sommes finalement arrivés sur place, j’ai tout de suite été prise en charge, on a vérifié mon col et fait une bonne heure de monitoring pour verifier mes contactions et le coeur du bébé. La douleur commençait vraiment à ce faire sentir et cela devenait difficile, c’est à ce moment qu’il m’ont finalement transférées dans une chambre de « travail » en attendant l’ouverture totale de mon col.
Honnêtement, ce fut atroce. Il faut savoir qu’a cause du covid je n’ai eu AUCUN cours de préparations à l’accouchement, les seules informations aidantes que j’avais étaient les recherches que j’avais fait au préalable sur internet, autrement dit, pas grand chose.
Au Japon n’envisagez pas de péridurale, ils ne la font pas ou alors il vous faut impérativement la réserver lors du rendez-vous des 37 semaines (qui était prévu 3 jours après pour moi), avoir la chance qu’un anesthésiste soit dans les parages) et surtout sortir le porte-monnaie puisque qu’elle vous coutera la modique somme de 1000€ pour une injection. Oui, c’est indécent.
Mais ne vous inquiétez pas, à la place, les étudiantes vous massent parfois pour aider à faire passer la douleur mais (en gros elle vous tapotent gentiment le dos - véridique), mais attention ! Après 17H elles rentrent chez elles et vous vous retrouvez un livrée à vous-même.
J’ai eu beau supplier, leur coeur est resté de pierre et j’ai du faire sans aucun anti-douleur. Aucun. Jamais. Même pas pour l’épisio..
J’ai du donc faire le travail par moi même, faire avec la douleur et la fatigue, à tel point que je m’endormais brièvement entre chaque contractions de l'enfer.
C’est finalement un peu avant 20h que j’ai été transférée en salle d’accouchement, mais là encore comme depuis mon arrivée, aucune aide, aucun conseil ni mot d’encouragement, tout à été très froid.
J’ai bien cru que je n’y arriverais jamais, et je voulais abandonner tellement je me sentais démunie et peu soutenue par le corps médical.
La douleur était horrible et je n’ai eu, jusqu’à la fin aucune médicalisation (la grosse blague quand on sait ce qu'il met arrivée par la suite).
Honnêtement, je n’avais plus du tout la notion du temps, je ne saurais donc pas dire combien de temps l’accouchement en lui même a duré, un bon 30/40 minutes je dirais puisque mon bébé est finalement né à 20h35 après une épisio traumatisante. Un médecin est arrivé, à prit une paire de ciseaux et m’a coupé comme on couperais un jambon, pas un mot, on ne m’a même pas prévenu, rien, j’avais cette impression de ne pas exister en temps qu’être humain, j’étais juste « là ».
Finalement, est venue la délivrance et elle porte bien son nom, c’est une sensation que je n’oublierais sûrement jamais, passer d’une souffrance atroce et contante à RIEN. Plus rien. Plus de douleurs et un vrai sentiment de bien être (un bon shoot d’hormones sans doutes) et de soulagement.
Depuis ce moment, toutes les douleurs y compris celles de fin de grossesse ont disparu instantanément et ne sont jamais revenues.
Ensuite mon cerveau a vrillé et je ne captais plus rien d’autres que la petite choses qu’ils étaient en train d’ausculter à côté. Ils m’ont peut-être parlé, je ne sais pas vraiment, j’ai juste vu que les sages-femmes finissaient de sortir tout ce qu’il restait de placenta et autres et qu’on me recousait.
Ils ont ensuite emmené mon bébé et mon mec les a suivit et je suis restée là à me faire raccommoder pendant ce qui m’a semblé une éternitée.

Je n’ai pas eu le droit tout de suite au peau à peau car la température de mon bébé était un petit peu basse et il a fallut attendre qu’elle remonte un peu avant d’avoir le droit à un premier contact.
Vers 23h30 ils l’ont emmené (au Japon les bébés ne restent pas avec les mères et sont tous regroupés dans une nurserie, les mères sont en chambres partagées le long du séjour) et j’ai du émerger un peu, ils m’ont sondé et m’ont demander de me lever pour aller jusque dans ma chambre pour aller me coucher. J’étais toujours tremblante et couverte de sang et j’ai du passer la nuit ainsi.
Voilà le résumé de cette journée.


Ensuite vient le séjour..


Dès le lendemain matin, j’ai été réveillée vers 6h pour une prise de sang et de tension, ont m’a ensuite demander de faire pipi dans un petit flacon et d’aller me peser à l’autre bout du couloir, je vous avouerais que je n’étais pas au top de ma forme à ce moment.
J’ai finalement pu rencontrer vraiment mon bébé vers 10H ce jour la pour le nourrir. Là encore j’ai été très peu accompagnée, comme si je devais forcément déjà savoir comment m’y prendre.
Le même jour vers 17H j’ai finalement eu le droit à un examen (qui était prévu le jour suivant à la base) pour ensuite avoir le droit à ma première douche et enfin avoir l’occasion de nettoyer tout le sang qu’il restait sur moi (et retrouver par la même occasion un peu de dignité).
Ensuite une petite routine s’est installée et les journées se sont répétés tout le long du séjour entre examens médicaux et séances de biberons toutes les deux heures.
C’est également à ce moment que l’équipe médicale a commencé à en faire beaucoup trop, et cela à clairement gâché mon séjour.
Tous les deux jours, j’avais une prise de sang assez conséquente (3 à 4 tubes a chaque fois) et sur les trois derniers jours ont m’a prélevé 14 tubes de sang pour « investigations » sans jamais me dire ce qu’ils vérifiaient malgré mes nombreuses demandes.
Même à ce jour, sans retour de leur part, toutes ces prises de sang restent un mystère pour moi.
Je trouve que pour un accouchement des plus “normal” (voie basse et sans aucune complications mis à part l’épisio) j’ai été beaucoup trop médicalisée.
Test d’urine tous les 2 jours, check du poids tous les matins, tension 2 à 3 fois par jour et prise de sang tous les deux jours. Mais ce n’est pas tout ! Toutes mes calories étaient comptées pour me faire perdre rapidement du poids et l’on vérifiait mon plateau à chaque fois ( je me prenais une remarque tout les jours parce que je ne mangeais pas mon bol de riz du soir, le 3eme de la journée… too much pour moi), on me demandait également de reporter sur une fiche tout ce que je buvais et mes urines (en quantité), on contrôlait mes selles et on vérifiait que je perdais bien du poids tous les jours, ce qui je trouve est extrêmement mauvais pour l’image après un accouchement. Cerise sur le gateau, pendant toute une semaine, on m’a également collé un électrocardiogramme H24 ,enfin presque, j’avais le droit de l’enlever 30min/jour pour une douche quelle chance !
J’avais également une bonne dizaine de médicaments/vitamines en tous genre à prendre à tous les repas. On m’a également harcelée tous les jours pour me passer des X-ray afin de verifier que tout allait bien. C’était beaucoup trop pour moi. J’ai beaucoup pleurée de tant d’acharnements alors que j'étais clairement un peu paumée dans cet hopital, avec cette langue que je ne maitrise pas assez et toutes ces nouvelles choses qui me tombaient dessus…
J’ai du rester dans cette clinique 10 jours, 10 JOURS ! Imaginez à quel point cela à du être long…
Mon bébé étant né assez tôt il devait atteindre leur poids requis pour nous laisser sortir. Et ils se sont beaucoup acharnés sur lui aussi…

Pour lui faire prendre du poids, ils le réveillaient toutes les 1H30 pour le nourrir, sachant qu’il avait du coup du mal a manger à cause de la fatigue cela prenait du temps et il ne dormait au final que par tranche de 1H/30min et je devais revenir tout le temps pour le forcer à manger, un calvaire, cela me brisait le coeur.
Il lui ont également fait beaucoup de prises de sang et nous ont demandé de les autoriser à faire des rayons X (décidément ils adorent ça) pour vérifier son estomac. Nous avons refusés, un bébé de quelques jours, sérieusement. Surtout que le jour ou nous avons pu rentrer, nous l’avons laisser dormir autant qu’il le voulait à la maison et quand il se réveillait et avait donc faim, il mangeait tout à fait normalement, voir plus que les goals journaliers que nous avions. La preuve, il a maintenant 10 semaines et à pris plus de 3kg et presque 15cm depuis sa naissance, il est parfaitement dans les courbes et son estomac va très bien docteur merci.


Je n’ai pas eu la bienveillance du corps médical que j’avais pu voir chez BénénoFukuoka par exemple et je regrette la façon dont tout cela s’est déroulé. Si je devais revivre tout ca, je ne choisirais certainement pas cet hôpital.
Mais il y avait tout de même quelques points positifs.. Personne ne parlant anglais, mon Japonais s’est améliorer par nécessité, la nourriture était très bonne et j’ai l’impression que toutes ces “épreuves” nous ont vraiment soudés avec mon bébé.


En ce qui concerne la suite, je prévois de faire un petit topo 3 mois après (bientôt donc) sur ce qu’il s’est passé depuis et les progrès de mon bébé.

Je pense avoir tout dit (même si je suis sûre que j’ai oublié 10 000 choses), je vous laisse ici après ce gros pavé qui, j’espère, n’a pas été trop indigeste. N’hésitez pas à venir discuter avec moi sur Instagram ou me poser des questions si vous en avez.


Je vous laisse ici, j’ai un biberon à donner ! Des bisous !



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La salle de "détente" avec quelques fauteuils et un distributeur de boissons


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La chambre commune (ci dessus) et mon espace dedans (ci-dessous)


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Le pack de bienvenue offert par l'hopital comprenant quelques protections "gros volumes" pour les lochies, une culotte spéciales pour les changes des lochies, des pads pour l'allaitement, des lingettes pour bébés et une petite boite qui servira à recueillir le cordon quand il tombera.


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La salle prévue pour nourrir les bébés.

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